Vous êtes ici : Actualités > Actualités CMB

Prévention des TMS : zoom sur les musiciens

 

Le 28 mai 2020

Augmentation des risques de

troubles musculo-squelettiques

chez les musiciens pendant le confinement

 

 

Les musiciens chez eux, privés de concerts, sont sans doute plus à même de combattre l’ennui et la solitude pendant cette période de confinement. Ils ont pratiqué leur instrument en solitaire pendant des années, et vivent une sorte de solitude partagée avec leur instrument.

Mais  en cette fin  de confinement progressif, la pratique instrumentale peut être très intensive, et le sommeil, les repas réguliers, et le repos, peuvent être négligés.

 


Les musiciens font endurer à leur organisme des contraintes physiques dues à la surintensité de la pratique. Certaines chaînes neuromusculaires spécifiques peuvent être utilisées entre 5 et 8 heures par jour voire plus. Ce qui augmente l’apparition et le développement de TMS troubles musculo-squelettiques et/ou aggrave les symptômes de pathologies préexistantes. 

Ces troubles apparaissent lorsque les sollicitations sont supérieures aux capacités fonctionnelles de l’individu. A cela s’ajoutent des éléments importants comme le poids de l’instrument, sa forme et la position requise pour jouer.

 


Les TMS touchent tous les instrumentistes, aucune famille d’instrument n’est épargnée, seules les localisations diffèrent. Chez les musiciens professionnels, on constate que les membres supérieurs sont particulièrement mobilisés. Les épaules et les avant-bras sont souvent les premières zones d’atteinte évoquées.  

Il est important que les musiciens prennent conscience que la douleur doit être perçue, non comme un handicap, mais comme un signal d’alerte du corps. Ils doivent donc veiller à la prendre en considération et à maintenir leur activité en évitant les contraintes neuromusculaires exagérées, afin de préserver leur santé et leur carrière.

 

Les facteurs d'apparition de troubles musculo-squelettiques sont :


 

-   la répétitivité des mouvements,

-   la force des contraintes appliquées,

-   les mouvements et les postures extrêmes imposées aux articulations,

-   le maintien des postures,

-   l’insuffisance des temps de récupération entre les sollicitations,

-   le stress,

-   les ambiances physiques dans lesquelles l’activité est exercée (trop froides, trop chaudes, éclairage non adapté, …), 

-   les vibrations, 

-   des facteurs personnels, maladie, accident antérieur, fatigue…

 

Conseils de prévention


Les musiciens doivent  éviter une surintensité de la pratique de leur instrument, ils doivent adopter une bonne posture de travail et une discipline de travail appropriée.

La posture de travail est primordiale. Les membres inféreurs doivent être stables, le bassin et la colonne vertébrale doivent être bien équilibrés, afin de parvenir à un relâchement musculaire optimal qui sera un gage de mouvement déliés.

Prévoir un échauffement musculaire adapté. Toute activité musculaire soutenue doit être précédée d'un échauffement approprié de 10 à 20 minutes avant chaque effort. L'échauffement est souvent négligé, voire oublié (manque de temps, pas l'envie, on n'en voit pas l'utilité...). Ce réveil musculaire est pourtant indispensable à la bonne pratique instrumentale. Il permet de préparer les muscles et les articulations à ce qu'on va leur demander en élevant la température des muscles profonds, en préparant les articulations par une activation de leur lubrification. Cet échauffement est maximal quand il est structuré et progressif, il permet alors de mobiliser chaque groupe musculaire sans en oublier. Il doit être composé de sollicitations articulaires, d'activation cardiovasculaire, d'étirements, d'exercices de préparation physique. Il est important d'adapter l'échauffement aux besoins du corps. Il peut être réalisé avec ou sans l'instrument, mais doit être doux et progressif. Il permet ainsi d'augmenter les performances et de diminuer les risques de TMS.


Prévoir un étirement musculaire avant et après le jeu.  L’étirement qui suit le jeu ne doit pas être négligé car il améliore la récupération par l’action de pompage et de drainage lymphatique, mais aussi grâce à la décontraction musculaire qui favorise l’irrigation sanguine du muscle. Comme lors de l’échauffement, l’étirement doit être progressif et non douloureux.

 

 

L’étirement doit être adapté à l’instrument joué mais aussi à la position de jeu.
Il concernera les muscles sous-pelviens pour le jeu en position assise, et les chaînes musculaires postérieures pour le jeu en position debout.
L’étirement musculaire permet la prévention des troubles musculo-squelettiques.


Tenir compte des limites de son corps. Réaliser des pauses régulières avec relâchement musculaire dès que possible et régulièrement lors de la pratique, pour ménager les différents segments du corps. Prévoir des moments de repos sans instrument, et avec un changement de sa posture, ce qui est bénéfique pour le corps.


Ne pas négliger la survenue de crampes. La crampe est une contraction brutale, intense, paroxystique, involontaire, douloureuse et transitoire d'un muscle. Les crampes apparaissent pendant et après l'effort.


S'hydrater régulièrement. Il est recommandé de boire avant d'avoir soif, pour éviter de solliciter les muscles sans apport.


Prendre en compte la douleur quand elle survient. Ne pas hésiter à consulter un médecin si elle persiste, par téléconsultation ou en direct.


Soigner les traumatismes sans les négliger et respecter les délais de cicatrisation et de guérison.


Rechercher une sensation de confort.  La répétitivité des gestes, leur précision et leur finesse exigées sont inhérentes à l’interprétation musicale. Il est nécessaire qu’ils soient exécutés avec une certaine stabilité.
Le musicien doit équilibrer au mieux le poids de son corps, en prenant en compte la verticalité, la stabilité et l’équilibre des muscles et des articulations, ce qui limite les tensions défavorables. 

Pour les musiciens travaillant sur clavier, celui-ci doit être positionné à une hauteur permettant aux avant-bras d’être parallèles au sol, les coudes proches de son corps.

Pour les musiciens jouant en posture assise, choisir un siège de qualité comportant différents réglages (hauteur du dossier, de l’assise, …) et comportant un soutien au niveau de la zone lombaire si la pratique le permet.


Positionner son pupitre. A bonne hauteur et à bonne distance, de manière à lire sans exiger de mouvement contraignant (torsion extension du tronc, flexion, tête penchée etc.)


Adapter l'éclairage. Pour les musiciens lecteurs, l'éclairage doit venir du haut, afin d'éviter la fatigue visuelle et les éblouissements lorsqu'ils regardent vers leur pupitre. Il convient de l'ajuster pour annuler toutes les mbres sur les partitions, et de trouver un juste milieu, ni trop ni pas assez. La luminosité entre la zone pupitre et le reste de l'espace doit être homogène.


Veiller à son alimentation, variée et adaptée à l'activité et au moment de la journée.


Préserver son sommeil autant que possible.